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Mein erweckter Träum

Photo de nessadevil nessadevil

Description :

Ma fanfic avec les membres de Tokio Hotel ! XD READ & REVIEWS Pleaseuhhh !

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Mein erweckter Traüm - Prologue

Mein erweckter Traüm - Prologue
Ouais je sais, j'aurais du le mettre en debut de fic, dans un article séparé mais j'y ai pensé que maintenant :p Vous m'en voulez pas j'espere ^^

Page 1 =>iiiiPrologueiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiPage 6 => Chapitre 25
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 1iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Chapitre 26
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 2iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Chapitre 27
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 3iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Chapitre 28
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 4iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Chapitre 29

Page 2 =>iiiiChapitre 5iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiPage 7 => Chapitre 30
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 6iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 31
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 7iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 32
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 8iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 33
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 9iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 34
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Page 3 =>iiiiChapitre 10iiiiiiiiiiiiiiiiiiPage 8 => Chapitre 35
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 11iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 36
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 12iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 37
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 13iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 38
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 14iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 39

Page 4 =>iiiiChapitre 15iiiiiiiiiiiiiiiiiiPage 9 => Epilogue
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 16
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 17
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 18
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 19

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiPage 5 =>iiiiChapitre 20
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 21
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 22
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 23
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiChapitre 24


.../...

CESSEZ DE ME LAISSER DES COMS AVEC VOTRE PUB ILS SONT IMMEDIATEMENT SUPRIMES, AINSI QUE LES MSGS DE STYLE PETITION POUR LES CONCERTS ! MERCI

__________________________________________________________________________


Yep ! Voilà, j'ai ecrit une fic avec les TH et je l'ai mise en ligne sur fanfiction.net mais je n'ai pas beaucoup de succès alors j'ai décidé de me mettre au cultissime "blog-fic" lol. Aller, je vous met le prologue de cette fic de 19 chapitres (pour le moment) XD. Bonne lecture et j'attends vos comms avec impatience !


####


Prologue

- Tu baisses ta musique ?!

Je ronchonne et tourne le bouton du son d'un millimètre vers la gauche puis me réinstalle dans mon gros pouf poire orange fluo avec un magazine. Tout autour de moi, emplissant la chambre, résonne les merveilleuses chansons d'un groupe allemand que j'adore (je ne suis pas loin de le vénérer...) et qui est en passe de devenir mondialement célèbre : Tokio Hotel.

Ce sont quatre garçons, oui quatre garçons, et non pas trois garçons et une fille comme on a pu voir dans certains magazines, qui font de la musique depuis leur plus jeune âge. Bill, le chanteur, que tout le monde prend pour une fille au premier abord, est un garçon tellement charismatique.... Tom, le guitariste, son frère jumeau, est tout le contraire de Bill mais tout aussi mignon. Gustav, le batteur, et Georg, le bassiste, sont les deux plus âgés du groupe, avec 18 et 19 ans, contre 17 ans pour les jumeaux. Cela ne les empêche cependant pas de s'entendre comme les doigts de la main ! Avant, ils avaient monté un autre groupe : Devilish, mais ils ont finit par devenir Tokio Hotel et franchement, je trouve que ce nom est tout simplement génial !

En ce moment, j'écoute leur premier CD « Schrei so laut du Kannst » en boucle. C'est une copine qui m'a fait écouter une de leur chanson « Durch den Monsun » et maintenant je suis accro ! Sur la porte de ma chambre, il y a un immense poster avec les quatre membres du groupe et je ne le décrocherais pour rien au monde !

Mais bref, assez parler d'eux, même si je ne me lasserais jamais. Et si je rangeais un peu ma chambre ? C'est un foutoir monstre et j'ai pas fait le ménage depuis... ouh là ! Heu bon... Bref, aller, au boulot !

Toujours sur les airs de Tokio Hotel, je secoue mes couvertures par la fenêtre d'un geste énergique et... oh mer...credi ! Mon oreiller... Je viens de faire tomber mon oreiller par la fenêtre... Zut alors ! Vite, je saute dans des baskets et dévale l'escalier de la maison. Heureusement que je vis dans une maison, je me vois mal aller chercher un oreiller tombé dans la rue...

L'oreiller dans les bras, je contourne la maison et tombe sur le facteur :

- Bonjour Marie !

- Bonjour ! je fais avec un grand sourire. J'ai du courrier ?

- Oui ! me fait le facteur en farfouillant dans les caisses qui s'empilent à l'arrière de sa voiture.

- Sérieux ?

Il hoche la tête puis me colle dans les bras un gros tas de courrier et je le remercie avant qu'il ne s'en aille sur les chapeaux de roues en faisant gicler le gravier derrière sa voiture. Je remonte alors dans la maison et pose vite l'oreiller sur l'escalier puis vais éplucher le courrier. Ha ! Parmi les factures et les publicités, je trouve mon trésor ! Mon magazine de rock adoré et, en parcourant la couverture, qu'est-ce que je vois : la frimousse reconnaissable entre mille de Bill Kaulitz, des Tokio Hotel ! Vite, je déchire l'emballage en plastique et m'empresse de tourner les pages pour trouver l'article sur Tokio Hotel. Oh déception... Juste trois lignes... M'enfin, il y a quand même une carte postale avec les quatre membres et même un jeu pour gagner des CD et des singles, et aussi des t-shirts. Le premier prix est une semaine en Allemagne, cependant... Hum, tentant.

Alors que je remonte dans ma chambre, je lis le principe du concours. Il suffit en fait d'envoyer une carte postale représentant le plus joli endroit de son pays –selon son goût évidemment– à la direction du magazine qui fera ensuite un tri et sélectionnera la plus belle des cartes. Le gagnant ira une semaine en Allemagne, pour visiter, aux frais de la princesse, comme on dit, Hamburg et ses environs.

J'aime beaucoup l'Allemagne, et l'allemand, même si certains abrutis nous ont fait la guerre dans le temps. Je me tâte... Est-ce que je joue ou pas ? Je n'ai pas beaucoup d'argent en ce moment mais j'ai peut-être bien un euro pour un timbre et deux euros pour une carte postale... Aller c'est décidé ! Qui ne tente rien n'a rien de toutes façons ! Et puis, je suis certaine de ne pas gagner, je n'ai jamais eut de chance de toutes façons.
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# Posté le lundi 02 avril 2007 12:40

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 09:29

Mein erweckter Traüm - Chapitre 1 " Resultats du Concours"

Mein erweckter Traüm - Chapitre 1 " Resultats du Concours"
Chapitre 1

Je regarde le calendrier affiché sur mon ordinateur. Je suis en train de me balader sur Internet ; et je cherchais des photos de Tokio Hotel quand j'ai vu une réclame pour le jeu auquel j'ai joué. Seulement, depuis que j'ai posté la plus belle carte postale que j'ai trouvé dans la galerie du supermarché le plus proche, trois semaines se sont déjà écoulées. Apparemment, le concours est encore d'actualité puisque que la réclame insiste sur le fait d'envoyer une carte postale. C'est alors que je vois que ce mois-ci, Tokio Hotel est justement à Hamburg et que le gagnant ou la gagnante du concours pourra les rencontrer en privé à leur hôtel. Un sourire un peu niais étire mes lèvres mais je me reprends et ferme mon navigateur pour aller dîner.

Après le repas, je remonte dans ma chambre et constate que j'ai des nouveaux messages. Je les consulte et en vois un étrange. Je ne sais pas de qui il vient et je vais pour le supprimer, quand soudain, j'hésite. Mon regard se pose sur mon magazine qui traîne sur ma table de nuit depuis trois semaines, à la page de Tokio Hotel et je regarde l'expéditeur du message. Finalement, je hausse les épaules et supprime le message sans pitié. Je réduis ensuite ma messagerie et regarde s'il y a du monde dans mes contacts, histoire de discuter un peu. Pas de chance, personne. Je soupire et vais me vautrer sur mon lit, devant un DVD.

Le lendemain matin, pas moins de vingt-cinq messages se bousculent dans ma boite émail. Je les supprime tous les uns après les autres et je tombe à nouveau sur ce destinataire mystère, le même que la veille. Il n'y a pas d'objet au message, il pèse moins de 10 Ko et sans état d'âme, je le supprime à nouveau. Je n'ai guère confiance en ces messages, même si mon antivirus scanne tout ce qui rentre dans ma machine.

Le lendemain lundi, à nouveau ce message. Ça commence à me gonfler et, à nouveau, je le supprime. Sûrement un crétin qui s'amuse à pourrir ma boite mail de spams. Ras-le-bol de ceux qui n'ont rien d'autre à faire que d'ennuyer les gens sérieux. Je décide de bloquer l'expéditeur et fait en sorte que ce message reste sur le serveur.

Le lendemain, pas de message mystère. Bon, ça semble fonctionner. Je vaque à mes occupations habituelles sur mon ordinateur et je suis en train d'écrire quand le téléphone sonne :

- Répondez ! je hurle à qui veut bien l'entendre. Je ne peux pas !

En temps normal, je saute sur le téléphone dès la première sonnerie, mais là, j'ai la flemme de lever le bras pour décrocher le téléphone sans-fil de sa base. En plus je suis en pleine inspiration là alors il ne faut pas me déranger.

- Marie ! C'est pour toi !

La voix de ma s½ur Julie me hérisse le poil et j'ai un violent sursaut. Je tape un drôle de mot dans la surprise et l'efface en bougonnant, tout en me saisissant du combiné :

-Allô ?

-Guten Tag sind Sie Fräulein Marie?

-Heu... je fais.

-Hahem... fait-on à l'autre bout du fil. Pardonnez-moi... Bonjour, vous êtes mademoiselle Marie ?

-Heu...

-Allô ?

-Oui ! Oui, je suis là... Oui je suis Marie, mais qui êtes-vous ? je demande.

Un silence au bout du fil passe puis la voix masculine avec cet accent allemand à trancher à la hache reprend :

-Je suis Mr Haussmann, de la direction du magazine mensuel « On Rock »...

-Ha...

-Vous n'avez pas reçu mes mails ? me demande alors ce monsieur Haussmann.

-Vos mails ? Ha non...

-Ha bon ? Votre adresse est bien « angel master »...

-Oui, c'est ça, mais... Qui êtes-vous ? je demande, à peine surprise qu'il connaisse mon adresse mail qui doit très certainement être connue jusqu'en Ouganda...

-Je suis du comité des jeux et concours du magazine « On Rock » auquel vous avez participé, il y a de cela presque un mois maintenant... dit Mr Haussmann. Je vous avais envoyé plusieurs mails pour vous signaler que vous avez été sélectionnée...

-Sélectionnée ? J'ai gagné un prix à ce concours ? je demande, cette fois-ci étonnée.

-Oui, mademoiselle, et pas n'importe lequel, le premier prix ! me dit mon interlocuteur en haussant la voix, ce qui donne encore plus de force à son accent allemand.

-...

-Allô ? Mademoiselle Marie ? Mademoiselle...

-Heu... je fais. Attendez, c'est une blague... Je n'ai pas gagné le premier prix de ce fichu concours, c'est impossible, je ne gagne jamais rien... je dis, abasourdie.

-Non, non, ce n'est pas une blague, vous avez bel et bien gagné le premier prix du concours « Envoyez vos cartes postales », je vous renvoie mon mail, vous verrez pas vous-même.

La sonnerie de ma messagerie se fait alors entendre et j'ouvre ma boite. Il y a un mail d'une adresse inconnue, différente de celle que j'ai bloquée les jours précédents. Sceptique, j'ouvre néanmoins le message, m'attendant à ce que mon antivirus m'affiche une alerte, mais non, rien du tout. Je vois alors le logo de « On Rock » s'afficher, puis un pavé de texte écrit en tout petit et enfin une image où il y a marqué en gros « Vous avez gagné le premier prix ! ».

-C'est une méchante blague, je dis d'une voix grondante.

-Mais non, mademoiselle, ce n'est pas une blague, vous avez bel et bien gagné le premier du concours « Envoyez vos cartes postales » qui était dans le magazine « On Rock » de ce mois ! réplique Mr Haussmann. Je vous l'assure ! Vous avez gagné un séjour en Allemagne pour découvrir Hamburg, tout frais payés, et avec ça, une journée entière avec les célébrissimes Tokio Hotel !

Je n'y crois pas un instant. Ce n'est pas possible. Je suis la fille la plus malchanceuse du monde, quand il y a une flaque d'eau sur la route, je mets le pied dedans, pareil pour les crottes de chien et les cailloux ou les trous. Je me vautre devant tout le monde en pleine rue, c'est sur moi qu'une gouttière s'éventre ou qu'un mec secoue son parapluie alors que dehors il pleut des cordes, bref, je n'ai jamais eu de chance et ce n'est pas maintenant que ça va commencer.

-Ecoutez, je fais alors. Ce genre de blague n'est pas drôle du tout, je raccroche, ça suffit.

-Non ! Attendez ! me fait Mr Haussmann en criant presque. Je vous assure sur ma propre tête que tout ceci n'est pas une blague, mademoiselle Marie ! Vous avez gagné le premier prix, vous allez partir à Hamburg et vous allez rencontrer les Tokio Hotel ! Comment puis-je vous convaincre ?

Je reste silencieuse un moment, le combiné coincé entre l'épaule et l'oreille, occupée à inspecter mes ongles d'orteils impeccablement peints de cuivre, que j'ai appuyés contre mon bureau, non loin de mon clavier.

-Mademoiselle ?

-Très bien, je fais alors. Je vais peut-être le regretter mais je vous crois.

-Super ! fait Haussmann. Très bien, je vais vous envoyer un courrier avec toutes les explications pour vous rendre au siège de « On Rock ». Je vous y attendrai ce samedi qui vient et je répondrai à toutes vos questions.

-Très bien...

-Bonne journée !

Je marmonne une réponse puis raccroche, pensive. Est-ce que ma malchance aurait subitement décidé d'aller ennuyer quelqu'un d'autre ? Allez savoir...
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# Posté le mardi 03 avril 2007 08:28

Modifié le jeudi 05 avril 2007 08:09

Mein erweckter Traüm - Chapitre 2 "Paris"

Mein erweckter Traüm - Chapitre 2 "Paris"
Chapitre 2

-Putain mais quel bordel...

Je tourne et retourne le plan de métro que j'ai entre les mains. Je viens de descendre du TGV qui m'a conduit de Haute-Savoie jusqu'à Paris en quelques heures. Je suis claquée ; mais pas question pour moi d'aller me poser pour le moment. Du reste, je ne sais même pas où dormir cette nuit...

Je soupire puis regarde les panneaux. J'en trouve un qui semble montrer la direction qui m'est indiquée sur mon papier, d'un astucieux coup de feutre rose fluo, et je marche vers ce panneau. Tiens, une bouche de métro... Brrr, il fait tout noir là en bas...

Des gens descendent soudain à toute allure en me bousculant et, déséquilibrée, je n'ai d'autre choix que de dévaler les marches en carrelage au risque de me vautrer. Les talons de mes bottes résonnent, et je dérape sur la dernière marche. Mais je me rattrape de justesse à la rambarde et grogne quelques insultes bien senties contre le groupe qui m'a ainsi précipitée en bas.

Nous sommes samedi, il est sept heures du matin, et j'ai fait le voyage de nuit pour pouvoir dormir un peu ; mais j'aurais mieux fait de me casser une jambe parce que je suis encore plus crevée. Je regarde alors mon plan et trouve un autre panneau m'indiquant la même chose que sur mon bout de papier fatigué. Je le suis, puis un autre et un autre, je monte un escalier, passe un portillon, descend un escalier, et me retrouve sur le quai d'une rame qui semble aller en ligne droite, là où je dois me rendre. Il n'y a aucun train sur les rails mais des centaines de personnes attendent devant moi.

Au bout d'un quart d'heure, je m'assieds sur une chaise libre et regarde ma montre. J'ai mal aux pattes, ça pue le café froid et la cigarette, et surtout, ça pèle !

Je resserre mon écharpe autour de mon cou – merci, mamie ! – puis je patiente. Mes jambes me font souffrir serrées dans le cuir de mes bottes. Je ne pensais pas qu'il fallait mettre des chaussures basses pour faire quatre heures de train !

Un gros bruit suivit d'un bruit strident résonne soudain et, dans un formidable coup de vent, une rame apparaît et s'arrête brutalement devant le quai. A peine les portes ouvertes, les gens se ruent à l'intérieur et, peu désireuse de rester sur le quai, je les imite. Je me retrouve coincée entre un gros maçon à la salopette couverte de peinture et un notaire rigide et froid qui me regarde de haut. Je lui fais un petit sourire timide et soudain, on me plaque contre la vitre. Les portes se referment et la rame démarre. Faites-moi penser à ne plus jamais prendre le métro aux heures de pointe !!

Une demi-heure plus tard, le train se vide de la moitié de ses passagers puis repart. J'ai un mouvement de panique en voyant les premières lettres du panneau sur le quai, mais je soupire de soulagement, encore trois gares avant la mienne.

Trois gares plus loin, je suis une des rares à descendre sur le quai, et je remonte vite à la surface car je suis en train de virer claustrophobe tout d'un coup. L'ai frais, quoique atrocement nauséabond, de Paris, me réveille et je regarde mon plan. Un point rouge montre la bouche de métro où je me trouve présentement, et un trait rose fluo trace la route jusque là où je dois me rendre. Malgré la distance qui semble considérable, je décide de m'y rendre à pieds. J'ai besoin d'air donc il est hors de question que je remonte dans un bus ou même un taxi.

Les rues défilent sous mes bottes, j'évite des crottes de chiens, des chewing-gums, des crachats, des cigarettes à demi éteintes ou des ruisseaux de pipi de chien, les yeux rivés sur le sol, regardant de temps à autre devant moi pour ne pas percuter quelqu'un. Mes écouteurs vissés dans les oreilles, j'écoute Tokio Hotel en boucle depuis le départ de Lyon et je me sens bizarrement rassurée d'entendre Bill chanter dans mes oreilles. Je ne suis pas toute seule malgré les apparences...

Au bout d'une heure de trotting, j'aperçois enfin le bâtiment où un grand nombre de magazines est installé. Sur les plaques qui ornent le gros pilier de l'entrée, je distingue celle de « On Rock » et sourit : mon périple parisien touche enfin à sa fin !

Je me glisse dans la porte-tambour en tenant mon sac contre ma hanche, puis je me dirige vers l'accueil où une femme à l'air gentil me regarde venir :

-Bonjour, j'ai rendez-vous avec Monsieur Haussmann, du magazine « On Rock », je dis gentiment.

-Vous êtes ?

-Marie Frebaz...

-Un instant, s'il vous plait...

Je hoche la tête et elle prend son téléphone. Je regarde alors autour de moi et souris largement en voyant un gigantesque poster de Tokio Hotel affiché contre une vitre. Je donnerais n'importe quoi pour l'avoir... mais je suis sortie de ma rêverie par la femme de l'accueil :

-Monsieur Haussmann vous attend dans son bureau, huitième étage, dit-elle.

-Merci, bonne journée.

Elle me décoche un large sourire un peu faux et je me dirige vers les ascenseurs. Sur l'un d'eux il est inscrit que l'ascenseur ne monte que jusqu'au huitième étage, pile ce qu'il me faut. Je l'appelle en appuyant sur le petit bouton jaune et les portes s'ouvrent aussitôt. Je m'engouffre dans la cabine et l'ascenseur m'emmène au huitième étage où je descends, un n½ud dans l'estomac.

Je suis face à un accueil où un homme est au téléphone. Une femme semble le seconder et c'est elle qui me reçoit et prévient Monsieur Haussmann que je suis là. Une minute plus tard, un homme d'âge mûr, les cheveux d'un beau gris foncé parsemé de cheveux noirs, fait irruption dans le petit passage autour de l'accueil et me sourit :

-Bonjour, mademoiselle ! Je suis Monsieur Haussmann, content de vous voir en chair et en os, vous avez fait bon voyage ?

Il me broie les doigts en me serrant la main mais je ne dis rien et me contente de sourire un peu niaisement :

-Oui, oui, mais rappelez-moi de ne plus jamais prendre le métro aux heures de pointe.

-Oh, milles excuses ! me fait-il, les sourcils en accent circonflexe. Je n'avais plus pensé à cela... Veuillez me pardonner. Mais venez, allons dans mon bureau, nous y serons mieux.

Je le suis et nous entrons dans un bureau qui semble, à première vue, occuper la moitié de l'étage à lui tout seul. C'est un véritable appartement, et nul besoin de lampes car les baies vitrées qui mangent la quasi-totalité des murs diffusent suffisamment de lumière, même très tôt le matin ou tard le soir.

-Asseyez-vous, asseyez-vous ! me fait Haussmann.

Je sursaute et pose mon sac près du fauteuil qu'il me désigne. J'ouvre mon manteau et m'assieds alors qu'il se laisse quasiment tomber dans un grand fauteuil de l'autre côté d'un énorme bureau en merisier.

-Vous ne me croyez toujours pas ? demande-t-il alors avec un sourire en coin qui ne me plait pas trop.

Je pince les lèvres puis il ouvre un porte-documents devant lui et en tire la carte postale que j'ai envoyé, avec mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone perso et mon adresse émail :

-C'est à vous, non ?

Je hoche la tête lentement puis il pose la carte sur la pochette en cuir et appuie ses coudes sur son bureau, les doigts joints :

-Bien, assez de bla-bla. Je vais être bref. Vous avez gagné le premier prix de notre concours qui était un voyage d'une semaine en Allemagne pour découvrir Hamburg, tout frais payés, avion, hôtel, etc. De plus, nous allons vous donner trois cent euros pour vos dépenses personnelles et vous serez libre de faire ce que vous voudrez durent cette semaine, pas de guide ni de chaperon. Cependant...

-Oui ?

-Il y a un imprévu mais nous avons décidé de passer outre, dit Haussmann. Le groupe Tokio Hotel, dont vous devez être une fan, si j'en juge par votre sac...

Je rougis très légèrement en regardant le sac noir à la lanière blanche, posé à mes pieds. Dessus s'étale le logo du groupe en lettres blanches bien visibles.

-Bref ! fait Haussmann. Le groupe Tokio Hotel est de passage à Hamburg pour des interviews, tout ce mois-ci, le mois de janvier donc. Nous sommes le quatre janvier et ils quittent Hamburg le vingt-huit. Nous avons donc rajouté à notre concours une petite chose : le gagnant ou la gagnante du premier prix aura le privilège de passer une journée entière avec les quatre membres du groupe, de huit heures du matin à neuf heures du soir, le jour qui vous conviendra le mieux. Vous pourrez ainsi les voir en train de travailler –donc dans la vie de tous les jours– ce ne sera donc pas comme s'ils avaient prit une journée rien que pour la passer avec vous. Comme vous êtes la gagnante, vous avez également gagné ceci, n'est-ce pas merveilleux ?

-Si...

-Je ne vous sens pas convaincue...

-J'ai de quoi, non ? Ça va un peu trop vite pour moi... je dis en regardant l'homme avec un air de chien battu. Moi qui n'ai encore jamais quitté la France, je vais partir une semaine en Allemagne alors que j'ai du faire des pieds et des mains pour convaincre ma mère de me laisser monter à Paris toute seule.

-Vous êtes majeure, mademoiselle Marie ?

-Bien sûr ! J'ai vingt et un, monsieur...

Le « monsieur » semble le froisser mais je ne dis rien, attendant une réponse :

-Dans ce cas, permettez-moi de vous dire que votre mère vous couve un peu trop. Enfin ! Je ne suis pas là pour vous faire une leçon, mais pour vous offrir un voyage que vous n'oublierez pas de sitôt.

Un silence lourd passe entre nous et je pince les lèvres. Je réfléchis un moment, regarde la carte postale puis dit :

-Ok, très bien, vous m'avez convaincue. Sinon, comment auriez-vous eut cette carte postale que j'ai envoyée au magazine « On Rock » ?

-Voilà ! s'exclame Haussmann. Nous y sommes enfin ! Bien, maintenant que vous me croyez, voici quelques petites choses à savoir... Vous parlez allemand ?

-Non, je sais dire bonjour, au revoir, quelques petites choses comme ça, je réponds en secouant la tête.

-Anglais ?

-Oui, je me débrouille, vous savez, avec Internet, il vaut mieux savoir se débrouiller dans cette langue...

Il me sourit puis pose devant moi un feuillet tapé à l'ordinateur :

-Voici un contrat d'assurance, dit-il. Lisez-le ce soir, au calme, signez-le et rapportez-le-moi demain matin. C'est impératif, ainsi, s'il vous arrive quoi que ce soit à Hamburg, nous enverrons des gens vous chercher pour vous rapatrier ici. Vous avez un passeport ? Une carte d'identité ? Très bien, fait-il alors que je lui tends le carré de plastique que j'ai sortit de ma poche – je l'avais mise là en montant dans le train hier soir. Je vais en faire une photocopie, je reviens.

Et il quitte le bureau. En l'attendant, j'attaque la lecture du contrat de six pages devant moi et je viens de tourner la troisième page quand il revient, une feuille dans la main, ma carte d'identité dans l'autre, et une pochette entre les dents qu'il laisse tomber sur le bureau – c'est un comique celui-là on dirait... – :

-Tenez, fait-il en me tendant ma carte d'identité.

-Merci...

Je la range dans mon sac puis il ouvre la pochette en carton qu'il avait entre les dents, en disant :

-Bien, alors voyons voir... Voici votre billet d'avion, l'adresse de l'hôtel à Hamburg... et ma carte, au cas où. Je n'ai pas grand chose à vous dire de plus. Mon chauffeur va vous conduire à votre hôtel, on se revoit demain matin vers dix heures et votre avion est à seize heures demain après midi. Vous arriverez à Hamburg quand vous arriverez, on ne peut pas prévoir avec ces avions, ils ont toujours quelques minutes de retard, surtout en ce début d'année, et là-bas, un attaché de presse de « On Rock » vous attendra pour vous conduire à votre hôtel et vous guider dans Hamburg où il vit. Mais ce n'est ni un guide ni un chaperon, que ce soit bien clair, vous ferez ce que vous voudrez. Disons que c'est un « ami » avec qui vous passerez la semaine...

Je fais une moue qui le fait sourire, puis je me lève et lui serre vivement la main – à mon tour de lui broyer les phalanges – avant de lui souhaiter une bonne journée et de quitter le bâtiment.

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Assise sur mon lit dans une chambre d'hôtel presque grand luxe, je lis le contrat ; mais le billet d'avion posé à côté de moi attire constamment mon attention. Finalement, je me saisis d'un stylo et griffonne une signature sur la dernière page après avoir apposé mes initiales sur chacune des pages pour montrer que je les ai lues. Je fourre ensuite le feuillet dans mon sac et saisit le billet d'avion.

Je n'en reviens pas... J'ai vraiment gagné un voyage à Hamburg et je vais rencontrer mes chouchous ! Waaaahh !! Hé oh, faut que j'arrête de délirer là... Ils n'en ont certainement rien à secouer d'une fille qui a quatre ans de plus qu'eux et qui, en plus, a « gagné » une rencontre avec eux. Je veux dire, ce n'est même pas de ma propre volonté que je vais les rencontrer, tout est organisé, mon voyage et tout... On me donne même de l'argent pour mes achats personnels !

Lentement, je pose le billet d'avion sur la table de chevet puis remonte mes bas de pantalon et dézippe mes bottes. Je les envoie balader sur le lit d'à côté, où repose également mon sac de voyage que j'avais laissé à la consigne de la gare ce matin, faute de pouvoir, et surtout d'avoir envie, de le transbahuter dans Paris.

Dans un soupir, je m'effondre sur le lit et mon dos me fait mal. Tu m'étonnes, à crapahuter en ville pendant une heure, plus quatre heures dans le train sur des sièges pas trop confortables, ainsi que près d'une heure de métro, ça a de quoi vous briser un homme ! heu, une femme !

888888888888888888888888888

J'ouvre difficilement les yeux et regarde ma montre. Sacrénom ! Je me redresse d'un bond. Il est midi passé ! Je me suis endormie... Je devais être vraiment claquée...

Aussitôt, je me lève, saisit mon déodorant et m'en pulvérise un peu partout. Pas que je sente mauvais mais au moins, je suis au frais.

Le ventre creux, j'enfile bottes et manteau et descends au restaurant de l'hôtel. On m'installe à une place dans un coin vide de la salle et on vient me servir aussitôt ma commande passée. Je me régale d'un gros steak saignant et d'une montagne de purée – un menu de gamin mais je m'en fiche – puis je regarde les gens tout en mangeant la glace vanille fraise que j'ai pris en guise de dessert. Je suis des yeux un vieux couple tout en sirotant mon café puis je me lève en laissant deux euros dans le cendrier, pour le service.

Je quitte ensuite l'hôtel et me dirige vers des boutiques de vêtements que j'ai vus en arrivant.

J'hallucine ! Tout est hors de prix ici ! La moindre veste coûte plus de trente euros ! Non, je ne peux pas me permettre une telle folie... Cependant...

Le visage de Bill Kaulitz s'imprime dans ma tête et je regarde la veste beige, façon militaire, avec ses anneaux, sa ceinture et ses fers. Elle est à vingt-sept euros mais elle me plait beaucoup...

Après quelques minutes de poireautage devant la vitrine, je finis par me décider et je pousse la porte qui sonne. Je montre la veste à la vendeuse et elle va m'en chercher plusieurs dans la réserve. Elle revient avec puis m'accompagne dans une cabine d'essayage – qui a la taille d'une salle de bains, soit dit en passant – et je pose mon vieux manteau marron fatigué et endosse la belle veste beige. Je tends les bras et fait la moue. La vendeuse rit puis m'aide à la quitter et m'en donne une autre plus étroite, un peu trop peut-être. La troisième, c'est la bonne, elle me va comme un gant. Je ferme le zip devant pour voir si tout rentre bien – allusion à mon anatomie féminine – puis je tends les bras devant moi pour juger de la longueur des manches et surtout, de la place qu'il me reste dans le dos si jamais il me faut lever les bras. Parfait.

-Parfait, confirme la vendeuse avec un large sourire.

-Je la prends, je dis en la posant.

J'enfile mon vieux machin puis suis la vendeuse jusqu'à la caisse où ma carte est débitée de vingt-sept euros. Toute contente, je quitte le magasin avec mon sac en papier et je continue ma balade.

A seize heures, après deux heures de shopping, j'ai fait chauffer ma carte. Je me suis acheté des t-shirts moulants mais longs, deux jeans pattes-d'ef et une paire de chaussure à talons, style escarpins mais à bout carré. J'ai passé près de cent euros mais je suis contente. Et puis, je pourrai toujours me rembourser sur ce que me donne « On Rock » pour mes achats à Hamburg. Je souris pour moi-même puis retourne à mon hôtel pour me reposer un peu.
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# Posté le jeudi 05 avril 2007 08:07

Mein erweckter Traüm - Chapitre 3 " Embarquement Immediat !"

Mein erweckter Traüm - Chapitre 3 " Embarquement Immediat !"
Chapitre 3

Le lendemain, je suis debout à huit heures. Impossible de dormir, il y a bien trop de bruit dans cette ville. Les klaxons dès le matin, les pompiers, la police, c'est atroce. Je regrette ma petite campagne où seuls les oiseaux te réveillent, et parfois le chien du voisin...

Bougonne, je paresse sous la douche puis enfile ma tenue de la veille – je réserve mes nouveaux vêtements pour Hamburg – et reprends le chemin de « On Rock », « Der Letzte Tag » à fond dans les oreilles.

Mon anxiété de la veille a laissé place à une douce folie et je rêve déjà des discussions – en anglais, bien évidemment – avec Bill, Tom, Gustav et Georg. J'ai hâte !!

Arrivée à « On Rock », je tombe sur Haussmann qui, comme si nous avions gardé les cochons ensemble, me fait la bise. D'abord surprise, je ne dis rien puis il me dit :

-Alors, vous avez passé une bonne journée, hier ?

-Oui, super, je me suis promenée, j'ai fait quelques emplettes, Paris c'est cher, vous savez ?

Il rit doucement puis nous montons dans son bureau et je lui donne le contrat dûment signé. Il le range dans son bureau avec un remerciement puis nous nous mettons à parler de tout et de rien, jusqu'à ce que son téléphone sonne, annonçant l'arrivée d'un rendez-vous. Je le quitte alors avec un peu de regret, il me plait bien ce bonhomme enjoué :

-Bon et bien, passez une bonne après-midi, faites un bon voyage et je contacterai mon attaché de presse une fois que vous serez arrivée à Hamburg.

Je lui serre la main puis me détourne et il me lance :

- Auf Wiedersehen !

Je lui décoche un sourire puis quitte son bureau et erre un moment à l'étage, regardant les photos des groupes de rock qui se sont succédés dans le magazine depuis cinq ans. Je n'en connais pas la moitié mais des têtes ici et là me reviennent. Finalement, je quitte l'immeuble et me balade dans les rues. A midi, je retourne à mon hôtel et remballe mes affaires. Je dépose mon gros sac de voyage près de la porte, dépose dessus les choses qu'il ne faut surtout pas que j'oublie, comme mon billet d'avion, mon portable, mes clefs – même si ça ne me servira à rien pendant une semaine – puis je m'installe sur mon lit avec un vieux magazine trouvé sur le meuble de télévision.

A quinze heures trente, le téléphone de la chambre sonne et l'hôtesse me prie – gentiment – de rejoindre le hall, alors qu'une voiture m'attend. Je m'exécute et, dans le hall d'entrée, le chauffeur qui m'a conduite ici, le chauffeur de Haussmann, me prend mon sac avec un sourire et le balance dans le coffre de la Mercedes noire qu'il conduit. Je monte derrière et nous voilà partis pour l'aéroport d'Orly.

Je stresse. Un avion passe au-dessus de la route et je le regarde se poser non loin de là. Nous sommes arrivés mais le chauffeur contourne quasiment tout l'aéroport pour s'arrêter dans un parking souterrain ouvert à tous vents. Côte à côte, nous nous rendons ensuite au guichet et il dépose mon sac sur le tapis roulant.

-Bon voyage, me fait-il avant de s'éloigner.

Je le remercie d'un sourire puis je donne mon billet à la guichetière et elle me le rend en m'indiquant d'attendre un moment dans la salle d'attente. Je vais donc m'asseoir sur une chaise en plastique d'un dur inimaginable et l'attente commence.

Un quart d'heure, vingt minutes, une demi-heure... Il est seize heures trois à ma montre et j'attends d'une seconde à l'autre un avertissement dans un haut-parleur m'enjoignant à regagner telle ou telle porte.

Enfin, la voix d'une hôtesse retentit clairement dans le hall et des gens se lèvent. J'en fait autant et suis une femme et son mari qui discutent vivement en allemand. Je les écoute distraitement mais je ne comprends strictement rien à ce charabia. Ils parlent trop vite.

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Assise contre le hublot, mon sac sur les genoux, je regarde la piste qui défile sous les ailes de l'avion. Voilà, j'ai quitté le sol français, direction Hamburg où je vais passer une semaine de rêve. Un doute m'assaille soudain... Vite, j'ouvre mon sac et fouille dedans. J'en extirpe une paire de gants, des bonbons, mon chéquier et au fond, je le vois... ouf ! Je n'ai pas oublié mon appareil photo numérique. Je suis soulagée... Remarque, si je l'avais oublié, j'aurais pu en acheter un sur place mais ça m'aurait ennuyée de dépenser l'argent que « On Rock » m'a donné pour ça, alors que je pourrais m'en servir pour autre chose.

Le voyage jusqu'à Hamburg est long, très long, si bien que je finis par m'endormir. Ce sont les secousses de l'appareil qui atterrit qui me tirent de mon sommeil... à moins que ce ne soit les coups de coude de la femme à côté de moi qui fouille dans son sac à main... au choix.

Les yeux fatigués, je quitte l'avion par un long couloir tapissé de rose et de gris, mon sac sur l'épaule, et je regagne un hall où une brusque cacophonie me perce les tympans.

Des Allemands ! Ils sont partout ! Prise d'une légère panique, je me dirige vers un tapis tournant et saisis mon sac rouge vif. Je regarde alors autour de moi et je vois soudain une pancarte qui se balance. Dessus est écrit « Fräulein Marie » avec deux points d'exclamation à la fin. Je m'approche et la femme qui tient la pancarte me demande, en français :

-Vous êtes Mademoiselle Marie, de Paris ?

-Oui, c'est moi et vous êtes ?

-Anna Midlow, attachée de presse allemande pour « On Rock », me répond-elle avec un charmant sourire. Venez, suivez-moi, allons à votre hôtel, qui est le mien également.

Je lui souris en retour puis la suis et nous quittons l'aéroport dans une grosse Hamburge grise, direction le centre de Hamburg.

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-Wouha...

Je me tords le cou pour regarder le hall d'entrée de l'hôtel où je vais vraisemblablement crécher. La vache c'est immense ! C'est au moins un quatre étoiles !

Je regarde Anna accoudée au comptoir. Elle discute avec le jeune homme assit derrière et semble bien le connaître puisqu'ils rigolent ensemble. Je m'approche alors et elle me regarde :

-Marie, voici Franz, un ami à moi. Franz, je te présente Marie, elle est française, elle a gagné une semaine à Hamburg et je suis un peu son guide.

Elle sourit et j'en fais autant. Franz me sourit puis il se tourne, décroche une clef d'un vaste tableau et me dit :

-Voici votre chambre, Marie, elle est située au neuvième étage, à deux pas de celle d'Anna. Passez une bonne semaine et si vous avez besoin de quoi que ce soit, les communications téléphoniques entre les chambres et l'accueil sont gratuites.

Je souris, contente, puis Anna m'entraîne dans un ascenseur et nous nous laissons emporter jusqu'au neuvième étage. Durant le chemin, Anna demande :

-Alors comme ça, non contente d'avoir gagné un voyage à Hamburg, tu vas rencontrer Tokio Hotel ? Je suis jalouse, tu sais ?

Je ne relève pas l'emploi du tutoiement, après tout, elle ne doit avoir que trois ou quatre ans de plus que moi, et je dis :

-Oui, j'ai vraiment de la chance... Tu les connais ?

-Si je les connais ? Bien sûr, voyons ! me fait Anna avec un grand sourire. Quand ils passent par Hamburg, c'est moi qu'ils viennent voir en premier, je suis quasiment sur tous leurs concerts pour la version allemande de « On Rock ».

Un silence passe alors puis Anna ajoute :

-Quand voudrais-tu les rencontrer ?

-Ça m'est égal, je dis avec un haussement d'épaules. Tu sais, j'ai déjà l'impression d'être dans un gros canular alors...

-Je vois. Bien, aujourd'hui, tu vas te reposer, je vais te laisser mon numéro de portable et je vais aller t'organiser quelques excursions, même si Haussmann a du te dire que tu serais libre de faire ce que tu veux.

-Comment pourrais-je me promener seule dans une ville que je ne connais absolument pas ? je dis avec un sourire. Je me débrouille en anglais mais je suis certaine que très peu d'allemands parlent anglais couramment.

-Ha ça... Nous sommes assez loin de l'Angleterre, je dois dire, dit Anna. Pas mal d'entre-nous parlent français par contre. Pas couramment mais il y a toujours un moyen de se comprendre.

Je lui décoche un sourire puis l'ascenseur s'arrête et nous débarquons sur un palier à la moquette pourpre et épaisse. Des lustres lourds et clinquants sont suspendus au plafond tous les cinq mètres environ, et le large couloir aux murs décorés de boiseries blanches et or me fait penser au palais d'une princesse. Oui, je ne risque pas d'oublier ce voyage de sitôt !

-Voici ta chambre, me dit Anna en tirant de mes pensées. La mienne est la 709. Bonne journée. Je dois aller faire un reportage pour un autre magazine, mais voici ma carte. Appelle-moi si tu as un problème.

Je hoche la tête puis entre dans ma chambre et reste bouche bée. A l'image de l'hôtel, la chambre et splendide. Le court couloir un peu sombre où est entreposé un vestiaire plein de cintres, s'ouvre sur une vaste pièce éclairée par une baie vitrée. Un canapé de style ancien et deux fauteuils entourant une table basse en verre, sur la gauche en entrant, et sur la droite, un bar donne une kitchenette tout équipée bien que l'hôtel compte un restaurant.

Traînant mon sac à roulettes, je contourne le bar sur la droite et découvre deux portes ouvertes et une fermée. La première porte ouverte est une salle de bain modeste, avec une douche et une baignoire, un lavabo et un bidet. La seconde porte est une grande chambre avec un lit double, deux jolies table de chevet en bois ouvragé de chaque côté, une commode et une grosse armoire. Aussitôt, je jette mon sac sur le lit et l'ouvre d'un geste vif. J'ouvre les portes de l'armoire, sort les vêtements à suspendre sur des cintres, comme les chemises et les pantalons, puis je mets mon petit linge et mes t-shirts dans le premier tiroir de la commode. J'aligne mes chaussures sur le fond de l'armoire puis fourre à côté le sac désormais vide.

Dans la salle de bains, je pose mon vanity sur le bidet et dispose mes crèmes et autres produits sur la tablette en verre sous le miroir éclairé par deux spots blancs. Je souris à moi-même, contente d'être là, puis je retourne dans le salon et l'inspecte, plantée au milieu. Je finis par m'installer dans le sofa et je retire mes bottes que je vais mettre dans la chambre.

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Le lendemain matin, je viens à peine de me lever quand on frappe à ma porte. En chemise de nuit à fleurs et robe de chambre en satin vert, je vais ouvrir en prenant soin de rester planquée derrière la porte :

-Hallo ! s'exclame Anna en brandissant un sachet en papier qui sent fichtrement bon.

-Salut, je dis en la laissant entrer.

-Des croissants tout chauds, dit-elle en posant le sachet sur le bar. Je viens de les acheter en bas. Tu te lèves ? fait-elle ensuite en haussant un sourcil.

Je lui souris puis m'assois derrière le bar, les coudes posés dessus, et elle me regarde, la tête penchée sur le côté.

-Quoi ? je demande.

-Hum, non rien...

-Aller, accouche, je dis en me redressant.

Elle fait une grimace puis me dit :

-Tes cheveux, c'est de la paille.

-Wouah, je fais. Quelle franchise... Mais je le savais déjà.

-Aller, finis ton café et vas t'habiller, je t'emmène en ville, dit alors Anna.

-Mais ?

-Je sais, il ne devait pas y avoir de chaperon mais disons que je suis... ta copine avec qui tu vas faire les boutiques, dit Anna en se tortillant sur son tabouret, fière d'elle.

Je pince les lèvres, retenant un fou rire, mais je ne tiens pas et explose. Je me mets à rire puis je dis :

-Je te connais depuis hier mais j'ai l'impression de te connaître depuis toujours. Je t'adore, Anna !

-Merci, fait-elle, contente, la langue entre les dents. Aller, vas t'habiller, au trot !

-Oui, chef ! je réplique en faisant le salut militaire français – ben oui je n'allais quand même pas faire le salut Nazi, ça l'aurait fichu mal...

Anna me sourit puis je vais dans ma chambre et je m'habille en disant :

-Et tu comptes m'emmener où ?

-Chez un coiffeur pour commencer.

-Hein ? Mais j'aime bien mes cheveux... je fais d'une voix larmoyante.

-Peut-être mais tu en as besoin, dit Anna.

-Anna...

Elle ne répond pas et, en soutient-gorge, je reviens dans l'appartement en disant :

-Aller, t'as gagné, après tout, ça ne fera pas de mal de changer de tête.

Elle tire la langue, me sourit puis j'enfile un pull beige moulant orné d'une ceinture qui tombe pile sur mes hanches. Mon jean bleu délavé traîne sur la moquette de la pièce et Anna dit :

-On ira aussi faire les boutiques.

-Mes vêtements sont à la mode en France... je réplique, les sourcils froncés.

-Oui, mais ici, les fringues sont chouettes et pas chères !

Décidément, je ne peux rien lui refuser à cette fille que je ne connais que depuis quelques heures. Je cède encore à son caprice et file finir de me préparer dans la salle de bain. Un quart d'heure plus tard, je reviens en passant mes doigts dans mes courts cheveux et j'enfile mes bottes en deux temps trois mouvements.

-J'adore tes bottes, me dit alors Anna.

-Ha ! je fais. Enfin un compliment ! Merci.

Elle hausse les sourcils, surprise, puis nous piquons un fou rire et son écho s'entend encore dans l'hôtel alors que nous quittons l'ascenseur dans le hall, quelques minutes plus tard.

-Regarde, me dit Anna en brandissant un magazine allemand de coiffure. C'est chouette ça, non ?

-Mouais... Un peu trop jaune à mon goût...

-Oh bah évidemment, mais tu peux rester châtain ou faire rouge...

Nous sommes dans le salon d'un coiffeur apparemment renommé. Des photos de stars allemandes et américaines s'affichent sur la vitrine et je soupire. Voilà une heure que nous attendons en épluchant les magazines.

Enfin, une coiffeuse me fait signe et je me lève, telle un automate.

Elle baragouine quelques mots en allemand et Anna me traduit :

-Elle te demande si tu veux faire plus court ou non.

-Dis-lui qu'elle m'enlève la moitié de la longueur et qu'elle s'arrange pour que le reste fasse plus jeune. S'il te plait, je réponds.

Anna hoche la tête, traduit ma réponse, puis la coiffeuse me fait asseoir sur un siège en cuir. Elle passe ses mains dans mes cheveux et sourit. Visiblement, ma chevelure lui plait. Elle empoigne ensuite un ciseau et s'attaque à raccourcir les mèches qui me tombent sur la nuque.

Soudain, le bipper d'Anna s'énerve et elle le regarde en me disant :

-Ha, mon boss a besoin de moi. Je vais t'abandonner une heure ou deux, si tu as fini avant que je sois revenue, attends-moi au café à côté.

Je lui fais un signe de tête puis la coiffeuse revient et me demande quelque chose en allemand. Je secoue la tête puis dit, en anglais :

-Je ne parle pas allemand, mademoiselle. Mais si vous parlez anglais, on pourra se comprendre.

Elle semble réfléchir un moment puis elle me répond, dans un anglais approximatif mais juste :

-Ha très bien ! Où est votre amie ?

-Son travail l'appelle, je dis en regardant la jeune femme par le biais du miroir.

Elle me sourit puis nous conversons en anglais pendant tout le temps qu'elle met à couper mes cheveux, puis à les laver, et enfin à les teindre dans un rouge très foncé qu'elle parsème de mèche blondes.

Au bout d'une heure et demi, et après avoir lu une douzaine de magazines állemands, Anna est de retour et elle semble choquée de me voir avec des papillotes en papier d'alu sur le crâne.

-Ha bah t'es belle ! me fait-elle. Ça mérite une photo.

-Fais ça et je me venge, je grogne entre mes dents.

Elle me tire la langue puis me fait un clin d'½il et va s'asseoir sur un drôle de siège en forme de selle que les coiffeuses utilisent pour mieux tourner autour de leur « victime ».

La coiffeuse revient alors, retire les papillotes en papier argenté puis elle m'entraîne vers un lavabo, enfile des gants médicaux et entreprend de me laver la tête.

Humm... Elle est d'une délicatesse... Elle me laboure le crâne avec ses ongles, frotte mes tempes pour virer les marques de teinture... C'est la dernière fois que je fais une couleur.

Enfin, le calvaire terminé, je retourne m'asseoir, une serviette sur les épaules, en face d'Anna qui sourit un peu bêtement, attendant la suite avec impatience.
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# Posté le samedi 07 avril 2007 06:03

Mein erweckter Traüm - Chapitre 4 " Premiere Rencontre..."

Mein erweckter Traüm - Chapitre 4 " Premiere Rencontre..."
Et voilà le chapitre 4 ! Merci à toutes celles qui m'ont laissé un com, et aussi et surtout, à ma béta lectrice, celle qui corrige mes innombrables fautes *roulement de tambour* Zairoon ! XD

Aller, bonne lecture et lâchez vos comms !



####


Chapitre 4


-Waaaaah ! je m'exclame, subjuguée. C'est super ! je dis en anglais à la coiffeuse.

Elle me décoche un large sourire puis elle réajuste une mèche d'un coup de peigne et je regarde Anna qui me fait un clin d'½il en levant le pouce.

-Perfekt ! fait-elle en allemand.

Je lui souris et nous nous dirigeons vers la caisse. Alors que je sors mon portefeuille, Anna brandit sa carte de crédit et je la réprimande d'un regard noir. Elle se contente de me tirer à nouveau la langue, décidément c'est une manie chez elle, puis elle me prend le bras et m'entraîne dans la rue bondée :

-Pourquoi t'as payé ? je grogne. J'avais de quoi...

-Parce que je t'aime bien, t'es la première fille de mon âge, qui parle français et avec qui je m'entends bien, que je vois depuis six mois, déclare Anna.

-Tu es là depuis six mois ?

-Non, je suis née ici, mais mes parents sont français et ils sont retournés à Paris en me laissant ici. Bon j'ai un job qui paie bien, pas d'appart mais une chambre d'hôtel de luxe payée par le magazine donc je me plaint pas, mais parler allemand à longueur de journée alors que sa langue maternelle c'est le français, c'est un peu duraille au bout d'un moment.

-Tu m'étonnes, je fais en regardant le trottoir.

Soudain, Anna me tire sur la gauche et j'ai juste le temps de lever le pied pour ne pas m'accrocher sur une marche en métal.

-Hey ! je fais. Doucement, j'ai faillit me vautrer !

-Désolée. Mais regarde, c'est chouette ça, non ?

Je me redresse, regardant autour de moi si personne n'avait vu mon faux-pas, puis je regarde ce qu'Anna me montre et je suis sous le charme. Le pantalon noir en simili cuir avec une grosse chaîne en guise de ceinture et des épingles à nourrice en bas des jambes est splendide.

- C'est le genre de fringues que Bill aimerait, je dis.

- Pour sûr !

Et elle me montre l'enseigne :

-Diesel ! je fais. Ouah mais c'est hyper cher ici !

-Oh bah on regarde...

Je fais une drôle de tête puis nous nous promenons parmi les portants et les étagères. Je reconnais plusieurs habits que j'ai déjà vu sur Bill et je dois sourire un peu niaisement car Anna me siffle :

-Sourit pas comme ça, on dirait que t'es amoureuse...

Je pique aussitôt un fard monumental et me cache dans mon écharpe. Anna se met à rire puis nous quittons le magasin et l'air frais de la rue fait fuir ma gêne. Anna m'entraîne ensuite dans un café où nous prenons toutes les deux un grand chocolat chaud couvert de chantilly, dans une sorte de vase, avec deux pailles plantées dedans. Un paquet de petits biscuits à thé est posé dans une assiette devant nous et je saisis la paille entre mes dents tout en écoutant Anna déblatérer sur les ordres lourds de son patron.

Au bout d'une heure, alors que je finis, dans un bruit d'aspirateur, d'un discret monumental, le fond du grand verre, Anna me dit :

-Tu veux qu'on aille voir les garçons aujourd'hui ?

Je hausse les sourcils :

-Là maintenant ?

-Pourquoi pas...

-Mais il est...

-Midi et demi, dit Anna avec un sourire. On prend un truc sur le chemin si tu veux et on passe l'aprem avec eux.

-Ça va pas les déranger ? Et puis j'avais droit à une journée entière...

-Oublie ce que Haussmann t'as dit, ici, tu fais ce que tu veux, si on ne dérange pas les garçons, on peut bien passer l'aprem avec eux et même revenir toute la semaine.

-T'es sérieuse ?

Elle me sourit largement, découvrant deux rangées de dents d'une blancheur à faire pâlir la banquise, puis, stimulée, je me lève, lâche deux euros dans le cendrier et nous partons.

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-Tu es sûre que...

Anna soupire et je souris légèrement. Je crois que je lui ai posé cette question au moins vingt mille fois pendant le trajet en bus jusqu'à la sortie de la ville où se trouve le studio d'enregistrement des Tokio Hotel, ainsi que leur hôtel.

-Je stresse... je fais alors que nous arrivons en vue d'un gros bâtiment gris, genre hangar. Ils sont sympas ? Ils parlent anglais ?

-Oui et oui, t'inquiète pas, dit Anna en souriant à mon stress.

Elle extirpe alors un badge de presse de son manteau, baragouine quelques mots en allemand puis le mec en noir, style men in black, posté à l'entrée du bâtiment, nous laisse entrer.

-Mais tremble pas comme ça, me dit Anna en serrant son bras qu'elle a passé sous le mien.

Je soupire et tente de me calmer :

-Ils vont pas te bouffer...

-Merci... je marmonne. J'ai pas mon appareil photo, je dis ensuite...

-Pas besoin, dit Anna. Comme je connais David, on va avoir une invitation pour revenir demain.

-David ? David Jost, leur manager ?

Anna me sourit puis nous tournons à droite d'un couloir et là, des éclats de voix en allemand me fauchent les oreilles. Ça barde sérieux visiblement. Cependant, je n'ai nul besoin de voir qui crie pour les reconnaître...

-Hallo ! s'exclame Anna en levant son bras libre.

La dispute se calme aussitôt et les deux garçons que j'adore le plus se tournent vers nous, les sourcils froncés : Bill et Tom Kaulitz semblent en désaccord.

Tom croise les bras et se détourne, comme fâché. Bill, lui, grand échalas habillé tout en noir – et en t-shirt malgré la caillante dehors – se tourne vers nous et sourit à Anna. Il s'approche et embrasse mon amie sur les deux joues puis il se redresse, un sourcil haussé :

-Wer ist sie ? Du stellst mich vor ?

Anna sourit puis elle dit :

-Das ist Marie, sie ist französisch... Marie, je te présente Bill Kaulitz, ajoute-t-elle en français en me souriant. Il est mieux en vrai, non ?

Je pique un fard monumental, et Bill sourit largement. Je me sens fondre et tourne la tête vers Tom qui boude dans son coin :

-Tom ! fait alors Bill. Komm hier bitte !

Tom regarde son frère, les bras toujours croisés, puis soudain, il se détourne et s'éloigne.

-Entschuldigung... fait alors Bill en me regardant.

-Marie spricht nicht deutsch... fait alors Anna à Bill qui hausse à nouveau un sourcil et dit, en anglais:

-Pardon pour mon frère, il n'est pas... de très bonne humeur aujourd'hui.

Il regarde alors vers le fond du long couloir éclairé et je sens comme une tristesse émaner de lui. Je réponds en anglais :

-Ce n'est pas grave... Tu vois, ce n'était pas le bon jour, je dis ensuite à Anna en français. Rentrons à l'hôtel.

-Mais non, me répond-elle. Attends... Bill, fait-elle en anglais. Ça te dérange si Marie et moi on reste ici cet aprem ?

Bill se tourne vers Anna puis me regarde et secoue la tête :

-Non, dit-il en anglais. Nous ne faisons rien de spécial cet aprem, quelques accords pour le nouveau CD, c'est tout... C'est tranquille aujourd'hui.

Il sourit alors mais son sourire sonne faux pour moi. Mon regard se porte alors au bout du couloir puis Bill s'éloigne et Anna m'entraîne dans son sillage.

-Ils se disputent souvent ? je demande alors à Anna en français.

-Non, c'est rare mais là, ça parait sérieux... dit-elle. Bill ?

-Mhm ?

-Qu'est-ce qu'il se passe entre Tom et toi ? demande-t-elle en anglais pour que je comprenne, alors que nous nous arrêtons devant une porte noire en métal.

Bill me regarde puis roule des yeux et hausse les épaules. Anna me dit :

-Il s'en fiche visiblement... Et rassure-toi, ce n'est pas toi qui l'empêches de parler.

Un n½ud se fait dans mon ventre et nous suivons Bill dans une grande pièce encombrée d'une batterie, de plusieurs enceintes, de chaises, de fauteuils, de pieds de micros rangés dans un coin, de grandes caisses débordantes de fils et d'autres choses propres à des musiciens.

Je suis abasourdie quant à la quantité de matériel qu'ils doivent se trimballer à chaque concert. Anna me donne alors un coup sur le bras et je lève les yeux. Je tombe alors nez à nez avec Gustav, qui joue avec ses baguettes, les faisant tourner entre ses doigts à la manière de bâtons de majorette, et, plus loin, affalé dans un vieux canapé bas, Georg, qui astique sa basse avec un chiffon.

-Hallo ! font-ils tous les deux dans un ensemble parfait une fois que Bill m'eut présentée, en allemand.

-Tu es française alors ? demande Gustav en anglais, en se redressant, saisissant ses baguettes dans une main. C'est chouette Paris, je trouve.

-Oui, je fais, un peu timide. Mais je ne suis pas de Paris...

-Ha ?

Georg lève la tête et Gustav me demande d'où je viens :

-De Haute-Savoie, je réponds en disant le nom de mon très cher département en français. C'est près de la Suisse...

-Ha ! fait Gustav avec un grand sourire. Les montagnes ! Vous avez de la neige ?

-Pas beaucoup, je dis, soudain plus détendue. Il n'a pas vraiment neigé cette année, les stations sont plutôt vertes...

Le batteur fronce les sourcils pour décoder ce que je viens de dire et je vois Georg sourire. Visiblement, il maîtrise mieux l'anglais que son ami. Je lui renvoie son sourire puis j'entends grogner et me tourne pour voir Tom, assit sur un haut tabouret de bar, le menton dans les mains. Je jette un coup d'½il à Bill qui préfère regarder ailleurs puis je dis à Anna :

-Ils se font la tête on dirait...

-Bah, ça va passer, me dit Anna en haussant les épaules. Hey Bill ! fait-elle soudain. Vous nous faites un petit concert privé ?

-Là, maintenant ? je dis, alarmée. Mais t'es pas bien...

-Les gars ? fait Bill en allemand.

-Ok ! s'exclame Gustav en bondissant de sa chaise.

Georg en fait autant et Tom sort de son mutisme pour saisir sa guitare. Anna m'entraîne alors vers le canapé qu'occupait Georg et nous nous y installons. Je pose mon manteau et regarde mes musiciens adorés s'installer. Soudain, la porte de la pièce s'ouvre et David Jost apparaît, en survêtement, l'air fatigué. Il se fige en nous voyant, Anna et moi, puis il se détourne et baragouine quelque chose à Bill. Anna me traduit simultanément :

-Bill, nous avons un ennui sur le prochain concert, la salle est en trop mauvais état pour supporter votre musique, il nous faut chercher un autre endroit pour jouer. Viens avec moi, tu amuseras ces petites oies une autre fois.

-Des oies ? je m'exclame choquée, en français, me redressant tel un ressort.

Je vois Anna froncer les sourcils. L'insulte ne lui a pas plut et elle se lève. Je l'imite et elle dit, en allemand :

-David Jost, je vous prierais de rester poli avec des invités. N'oubliez pas que je parle couramment allemand et que je le comprends.

David la regarde, les sourcils froncés, puis il se détourne et s'en va en grommelant :

-Ne fais pas attention à lui, dit alors Georg en anglais.

Je sursaute et regarde par-dessus mon épaule :

-Pourquoi ? je demande au bassiste qui s'était glissé derrière Anna et moi pendant que David parlait à Bill. Il est de mauvaise humeur, lui aussi ?

-Non, mais nous sommes lundi, dit Georg en haussant les épaules. Et puis il a une dent contre Anna, elle est plus forte que lui...

Je hausse les sourcils pour l'inciter à continuer mais Anna le coupe en me prenant par le bras :

-Viens, rentrons à l'hôtel, je n'ai plus envie de voir du monde aujourd'hui.

-Hé mais ? Anna ! je fais en français.

-Anna, gronde alors Georg en anglais. Laisse-la donc ici, elle n'a visiblement pas envie de retourner à l'hôtel pour le moment. Et puis tu sais bien que David ne t'aime pas beaucoup...

-Ouais, marmonne Anna, les joues rouges de colère. Tout ça parce que j'ai parié qu'il arriverait pas à siffler autant de vodka que moi... et que j'ai gagné.

Je pince les lèvres puis souris. Finalement, je suis bien contente d'avoir appris l'anglais avec Internet. La plaisanterie d'Anna me fait sourire puis elle soupire et dit :

-Tu veux rester ici ? Je suis plus trop d'humeur... pardon.

-Ce n'est pas grave, je dis en français. Rentre à l'hôtel, va, je ne suis pas perdue ici.

Je regarde Georg qui me fait un sourire, puis Anna me prend le bras et m'entraîne dans le couloir :

-Avant que je parte, fais gaffe, s'il te plait...

-A qui ? A Georg ?

-Ouais, fait Anna. C'est un tombeur, tout le monde le sait et apparemment, tu lui plais...

-Bah, je dis en haussant les épaules. Tu me connais mal, Anna, moi aussi je sais jouer...

Un sourire machiavélique étire alors mes lèvres, et Anna hausse les sourcils. Elle hoche ensuite la tête d'un air convaincu puis elle m'embrasse sur les deux joues et enfile son manteau en disant :

-Fait gaffe quand même. Gustav a une copine mais Bill et Tom sont célibataires...

Je lui fais une grimace puis elle me sourit et se détourne pour partir. Au dernier moment, elle transforme sa main en combiné de téléphone qu'elle approche de son oreille et je hoche la tête, comprenant par-là qu'il faut que je l'appelle quand j'aurais envie de rentrer.

Elle s'en va ensuite et, alors que je la regarde longer le couloir, une main se pose sur mon épaule et je sursaute. Je me retourne et tombe nez à nez avec Tom.

-Viens, me fait-il en allemand.

Je comprends cependant car c'est assez semblable à l'anglais, et je le suis dans une autre pièce, remplie de cartons et de portants lourds de vêtements.

-Je peux te parler ? me demande-t-il alors en anglais.

-Heu... ouais, je fais, un peu inquiète.

-Tu es une fan, je suppose, et tu as du gagner à un concours ou à je ne sais quoi pour être ici, non ? me demande-t-il.

-Oui mais...

-J'aimerais que tu n'ébruites pas la dispute que tu as entendue tout à l'heure.

-Aucun risque, je dis, un peu moins tendue. Je ne comprends pas l'allemand...

-Oui mais tu as vu qu'on se disputait, Bill et moi, et personne ne doit le savoir.

Je pince les lèvres puis, oubliant ma timidité, je demande :

-Pourquoi ça bardait ?

-Ça ne te regarde pas, répondit-il en se détournant.

-Tom...

Il me regarde du coin de l'½il puis hausse les épaules d'un air de dire « laisse tomber », avant de retourner dans l'autre pièce où se trouve le reste du groupe. Je le suis, un peu contrariée, puis je vois Gustav discuter avec Georg près de l'imposante batterie du blond. Je cherche Bill des yeux et le vois, assit près d'un ampli, jouant avec un micro.

Dans un soupir, je m'adosse au mur le plus proche et me laisse glisser jusqu'au sol en observant les trois garçons devant moi, Tom étant allé se terrer dans un coin le plus loin possible de son frère.

Durant le reste de l'après-midi ensuite, le groupe entreprend de jouer quelques notes, d'accorder leurs instruments, pour les musiciens, et de chauffer sa voix, pour Bill.

Il est quinze heures et je regarde, assise dans le canapé, fatiguée, le groupe chanter « Durch Den Monsun » en anglais. Elle est pas mal du tout même si ça fait un choc de l'entendre pour la première fois.

Le premier couplet passe super bien, le refrain aussi, mais au second couplet, la voix de Bill fait un crochet et il se tait brusquement. Je me redresse, inquiète, mais il secoue la tête et reprend la chanson au début. Il la termine brutalement et pose son micro pour boire un coup à une bouteille d'eau posée à ses pieds. Je sens alors une vive aura de colère me percuter et Tom lâche un profond soupir.

-C'est finit pour aujourd'hui, annonce soudain Bill.

Il a parlé en allemand mais je comprends en les voyant poser leurs instruments et s'éloigner. Georg et Gustav viennent prendre place de part et d'autre de moi et Bill s'effondre dans une sorte de chaise longue façon fauteuil de salon, en soupirant.

Je le regarde et il ouvre un ½il ourlé de noir. Il me fait un rictus puis il se redresse et Georg se racle la gorge :

-Bill, fait-il en anglais.

-Mhm ?

-Tu crois que c'est convenable que Marie vous voit, toi et ton frère, vous faire la tête comme ça ? demanda Gustav, les sourcils froncés. On nous avait prévenu qu'une française devait venir nous voir...

-Qu'es-ce que j'y peux ? grogne Bill, toujours en anglais, en s'adossant à son dossier, les bras sur le ventre.

Je pince les lèvres puis annonce :

-Je crois que je vais rentrer, je ne suis pas à ma place ici, j'aurais mieux fait de repartir avec Anna.

Je me lève alors mais Gustav me saisit par la poche arrière de mon jean et je m'effondre sur le canapé et le fusillant du regard :

-Reste donc, tu n'es pas la responsable de tout ça, dit-il.

-Non, je fais en secouant la tête. Je ne suis pas la bienvenue, je le vois bien...

Je sens Bill se crisper et son regard se pose sur moi mais moi je regarde Tom terré dans son coin, en train de manger des cacahuètes. Il furète dans le bol devant lui, semblant aligner, de son index, les petits fruits beiges, son autre main enfoncée dans sa mâchoire.

-Tom est en colère, je dis d'une voix faible en m'adossant au canapé.

-Ouais, fait Bill. Mais c'est ma faute, pas la tienne.

Je le regarde tristement puis soupire et dit :

-Tout à l'heure, quand Anna est partie, il m'a recommandé de rien dire de votre dispute. Je n'ai rien compris, vous parliez allemand, mais il m'a dit de ne rien dire. Pourquoi ?

Je braque mon regard noisette sur Bill et il détourne les yeux puis dit :

-Tom est sensible en ce moment... Et je lui ai fait une remarque sur le fait qu'il changeait trop souvent de fille.

-Ha... je fais, ne m'attendant pas du tout à cela. Je... Je ne voudrais pas paraître trop indiscrète mais sur Internet, on le qualifie comme un dragueur qui prend puis qui jette. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, je dis ensuite en levant les mains en signe d'innocence.

Mon geste semble détendre l'atmosphère mais Bill soupire et se redresse, les bras sur les genoux. Je remarque alors qu'il ne porte aucune bague et je hausse un sourcil. Il s'en rend compte et dit, avec un sourire :

-Trop de choix...

Je souris à nouveau puis pouffe derrière ma main droite et je lui montre la gauche ornée de trois bagues, une grosse avec une pierre violette à l'annulaire, et, au majeur, une petite en or avec une émeraude et une avec un serpent argenté.

-Moi aussi j'ai le choix, fais-je. Je les mets toutes comme ça, pas de problème.

-J'ai pas assez de doigts, souffle alors Bill.

Je me retiens de rire mais l'éclat de Gustav à ma droite, suivit de Georg, à ma gauche, me font pouffer et je fini par rire avec eux.

Du coin de l'½il, je vois Tom tourner la tête vers nous et mon rire se calme aussitôt. Les trois garçons se calment un peu après puis soudain David Jost, habillé d'un complet noir, fait soudain irruption dans la salle, nous faisant tous sursauter :

-Bill, viens avec moi ! dit-il sèchement en allemand.

-Aber... fait Bill, surpris.

David répète son ordre, et Bill me regarde, désolé. Il se lève et suit le manager sans rien dire. Je regarde alors Gustav et Georg qui sont tout aussi surpris :

-C'est bien rare quand il donne des ordres comme ça...

-Je ne parle pas allemand mais j'ai pas eu de mal à comprendre, je dis en croisant les bras. C'est de ma faute s'il est de mauvaise humeur ?

-Arrête avec ça, dit Gustav en soupirant. David est toujours de mauvaise humeur le lundi, ça a toujours été. Par contre, qu'il donne des ordres à Bill, ça c'est nouveau.

-Vous devez être des petits princes ici, non ? je demande.

-Pas tant que ça tu sais, dit Georg. La vie de star c'est cool, on peut se payer ce qu'on veut, mais ça a des inconvénients aussi.

-Ouais, comme les fans...

« Merci », je fais dans ma tête en pinçant les lèvres.

-Mais on dit pas ça pour toi, s'empresse alors de dire Georg. T'es une nana super sympa, si je t'assure ! Et Anna aussi, elle est trop cool. Elle est pour la presse depuis pas mal de temps je crois, mais son patron lui a demandé un jour de venir nous interviewer et depuis, on est super potes. Elle passe beaucoup de temps avec nous, même en dehors de Hamburg. Elle nous aime bien je crois.

Je souris puis Bill revient alors en grommelant et nous nous taisons. Il s'effondre dans son fauteuil et Gustav demande :

-All right, Bill

-Ouais, grogne Bill. C'est juste un concert qui est annulé...

-Non ? Où ?

-A Genève, dit Bill. On devait y jouer dans deux mois mais il y a eut un incendie et la salle a été entièrement détruite. Impossible donc de jouer ni même de reporter le concert. Annulé donc.

-Shit ! fait alors Georg.

-Je te le fais pas dire, je fais en soupirant. J'aurais pu y aller en plus... Genève, c'est à une heure de route de chez moi...

Tous trois me regardent puis un gros soupir nous secoue et je regarde ma montre. Il est dix-sept heures et, alors que j'ouvre la bouche pour parler, Bill me devance :

-Tu vas devoir partir ?

-Ouais, il commence à se faire tard...

-Tu veux rester...

-Georg ! gronde Gustav en me faisant sursauter. Laisse-la donc se remettre de ses émotions avant de l'inviter à passer la soirée avec nous.

Le c½ur battant, je souris quand même puis je me lève et les garçons m'imitent. J'enfile mon manteau, jette mon écharpe autour de mon cou et je regarde Bill qui a les yeux rivés sur son frère :

-Laisse, je dis alors qu'il s'apprête à l'appeler.

-Mais ?

Je secoue la tête puis lui fais un sourire et il se penche pour me faire la bise. Je m'exécute un peu gauchement, embrasse ensuite Gustav et Georg, puis je ferme mon manteau et noue mon écharpe en disant :

-Je dois appeler Anna maintenant, elle vient me chercher...

-Vous revenez demain ? demande alors Georg. Quoi ? fait-il ensuite à Gustav qui le fusille du regard.

J'étouffe un petit rire puis saisis mon portable et compose le numéro d'Anna qui décroche aussitôt. Cinq minutes plus tard elle entre en trombe dans la pièce, les joues rouges, et je m'étonne de la voir déjà :

-Tu as fait vite, tu as couru ?

-Non, j'étais au centre commercial, juste à côté, me répond-elle en français. Vous me l'avez pas traumatisée, hein ? dit-elle ensuite en anglais.

-Mais non ! fait Bill avec un de ses sourires à tomber. Elle est géniale, ajoute-t-il en me regardant.

Je vire au rouge brique puis tout le monde se met à rire et nous nous disons au revoir.

Sur le chemin du retour à l'hôtel, coincées l'une contre l'autre dans un bus bondé, Anna me demande :

-Alors ? Ils sont sympas, hein ?

-Carrément ! Ya juste Tom qui a fait du boudin tout l'aprem mais bon...

-Bah, demain ça sera passé, j'en suis certaine, dit Anna avec un haussement d'épaules.

Je hausse brièvement les sourcils puis nous descendons du bus qui nous pose juste devant notre hôtel. Demain sera un autre jour comme on dit, n'est-ce pas ?
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# Posté le lundi 09 avril 2007 15:20

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