Et voilà le chapitre 4 ! Merci à toutes celles qui m'ont laissé un com, et aussi et surtout, à ma béta lectrice, celle qui corrige mes innombrables fautes *roulement de tambour* Zairoon ! XD
Aller, bonne lecture et lâchez vos comms !
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Chapitre 4
-Waaaaah ! je m'exclame, subjuguée. C'est super ! je dis en anglais à la coiffeuse.
Elle me décoche un large sourire puis elle réajuste une mèche d'un coup de peigne et je regarde Anna qui me fait un clin d'½il en levant le pouce.
-Perfekt ! fait-elle en allemand.
Je lui souris et nous nous dirigeons vers la caisse. Alors que je sors mon portefeuille, Anna brandit sa carte de crédit et je la réprimande d'un regard noir. Elle se contente de me tirer à nouveau la langue, décidément c'est une manie chez elle, puis elle me prend le bras et m'entraîne dans la rue bondée :
-Pourquoi t'as payé ? je grogne. J'avais de quoi...
-Parce que je t'aime bien, t'es la première fille de mon âge, qui parle français et avec qui je m'entends bien, que je vois depuis six mois, déclare Anna.
-Tu es là depuis six mois ?
-Non, je suis née ici, mais mes parents sont français et ils sont retournés à Paris en me laissant ici. Bon j'ai un job qui paie bien, pas d'appart mais une chambre d'hôtel de luxe payée par le magazine donc je me plaint pas, mais parler allemand à longueur de journée alors que sa langue maternelle c'est le français, c'est un peu duraille au bout d'un moment.
-Tu m'étonnes, je fais en regardant le trottoir.
Soudain, Anna me tire sur la gauche et j'ai juste le temps de lever le pied pour ne pas m'accrocher sur une marche en métal.
-Hey ! je fais. Doucement, j'ai faillit me vautrer !
-Désolée. Mais regarde, c'est chouette ça, non ?
Je me redresse, regardant autour de moi si personne n'avait vu mon faux-pas, puis je regarde ce qu'Anna me montre et je suis sous le charme. Le pantalon noir en simili cuir avec une grosse chaîne en guise de ceinture et des épingles à nourrice en bas des jambes est splendide.
- C'est le genre de fringues que Bill aimerait, je dis.
- Pour sûr !
Et elle me montre l'enseigne :
-Diesel ! je fais. Ouah mais c'est hyper cher ici !
-Oh bah on regarde...
Je fais une drôle de tête puis nous nous promenons parmi les portants et les étagères. Je reconnais plusieurs habits que j'ai déjà vu sur Bill et je dois sourire un peu niaisement car Anna me siffle :
-Sourit pas comme ça, on dirait que t'es amoureuse...
Je pique aussitôt un fard monumental et me cache dans mon écharpe. Anna se met à rire puis nous quittons le magasin et l'air frais de la rue fait fuir ma gêne. Anna m'entraîne ensuite dans un café où nous prenons toutes les deux un grand chocolat chaud couvert de chantilly, dans une sorte de vase, avec deux pailles plantées dedans. Un paquet de petits biscuits à thé est posé dans une assiette devant nous et je saisis la paille entre mes dents tout en écoutant Anna déblatérer sur les ordres lourds de son patron.
Au bout d'une heure, alors que je finis, dans un bruit d'aspirateur, d'un discret monumental, le fond du grand verre, Anna me dit :
-Tu veux qu'on aille voir les garçons aujourd'hui ?
Je hausse les sourcils :
-Là maintenant ?
-Pourquoi pas...
-Mais il est...
-Midi et demi, dit Anna avec un sourire. On prend un truc sur le chemin si tu veux et on passe l'aprem avec eux.
-Ça va pas les déranger ? Et puis j'avais droit à une journée entière...
-Oublie ce que Haussmann t'as dit, ici, tu fais ce que tu veux, si on ne dérange pas les garçons, on peut bien passer l'aprem avec eux et même revenir toute la semaine.
-T'es sérieuse ?
Elle me sourit largement, découvrant deux rangées de dents d'une blancheur à faire pâlir la banquise, puis, stimulée, je me lève, lâche deux euros dans le cendrier et nous partons.
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-Tu es sûre que...
Anna soupire et je souris légèrement. Je crois que je lui ai posé cette question au moins vingt mille fois pendant le trajet en bus jusqu'à la sortie de la ville où se trouve le studio d'enregistrement des Tokio Hotel, ainsi que leur hôtel.
-Je stresse... je fais alors que nous arrivons en vue d'un gros bâtiment gris, genre hangar. Ils sont sympas ? Ils parlent anglais ?
-Oui et oui, t'inquiète pas, dit Anna en souriant à mon stress.
Elle extirpe alors un badge de presse de son manteau, baragouine quelques mots en allemand puis le mec en noir, style men in black, posté à l'entrée du bâtiment, nous laisse entrer.
-Mais tremble pas comme ça, me dit Anna en serrant son bras qu'elle a passé sous le mien.
Je soupire et tente de me calmer :
-Ils vont pas te bouffer...
-Merci... je marmonne. J'ai pas mon appareil photo, je dis ensuite...
-Pas besoin, dit Anna. Comme je connais David, on va avoir une invitation pour revenir demain.
-David ? David Jost, leur manager ?
Anna me sourit puis nous tournons à droite d'un couloir et là, des éclats de voix en allemand me fauchent les oreilles. Ça barde sérieux visiblement. Cependant, je n'ai nul besoin de voir qui crie pour les reconnaître...
-Hallo ! s'exclame Anna en levant son bras libre.
La dispute se calme aussitôt et les deux garçons que j'adore le plus se tournent vers nous, les sourcils froncés : Bill et Tom Kaulitz semblent en désaccord.
Tom croise les bras et se détourne, comme fâché. Bill, lui, grand échalas habillé tout en noir – et en t-shirt malgré la caillante dehors – se tourne vers nous et sourit à Anna. Il s'approche et embrasse mon amie sur les deux joues puis il se redresse, un sourcil haussé :
-Wer ist sie ? Du stellst mich vor ?
Anna sourit puis elle dit :
-Das ist Marie, sie ist französisch... Marie, je te présente Bill Kaulitz, ajoute-t-elle en français en me souriant. Il est mieux en vrai, non ?
Je pique un fard monumental, et Bill sourit largement. Je me sens fondre et tourne la tête vers Tom qui boude dans son coin :
-Tom ! fait alors Bill. Komm hier bitte !
Tom regarde son frère, les bras toujours croisés, puis soudain, il se détourne et s'éloigne.
-Entschuldigung... fait alors Bill en me regardant.
-Marie spricht nicht deutsch... fait alors Anna à Bill qui hausse à nouveau un sourcil et dit, en anglais:
-Pardon pour mon frère, il n'est pas... de très bonne humeur aujourd'hui.
Il regarde alors vers le fond du long couloir éclairé et je sens comme une tristesse émaner de lui. Je réponds en anglais :
-Ce n'est pas grave... Tu vois, ce n'était pas le bon jour, je dis ensuite à Anna en français. Rentrons à l'hôtel.
-Mais non, me répond-elle. Attends... Bill, fait-elle en anglais. Ça te dérange si Marie et moi on reste ici cet aprem ?
Bill se tourne vers Anna puis me regarde et secoue la tête :
-Non, dit-il en anglais. Nous ne faisons rien de spécial cet aprem, quelques accords pour le nouveau CD, c'est tout... C'est tranquille aujourd'hui.
Il sourit alors mais son sourire sonne faux pour moi. Mon regard se porte alors au bout du couloir puis Bill s'éloigne et Anna m'entraîne dans son sillage.
-Ils se disputent souvent ? je demande alors à Anna en français.
-Non, c'est rare mais là, ça parait sérieux... dit-elle. Bill ?
-Mhm ?
-Qu'est-ce qu'il se passe entre Tom et toi ? demande-t-elle en anglais pour que je comprenne, alors que nous nous arrêtons devant une porte noire en métal.
Bill me regarde puis roule des yeux et hausse les épaules. Anna me dit :
-Il s'en fiche visiblement... Et rassure-toi, ce n'est pas toi qui l'empêches de parler.
Un n½ud se fait dans mon ventre et nous suivons Bill dans une grande pièce encombrée d'une batterie, de plusieurs enceintes, de chaises, de fauteuils, de pieds de micros rangés dans un coin, de grandes caisses débordantes de fils et d'autres choses propres à des musiciens.
Je suis abasourdie quant à la quantité de matériel qu'ils doivent se trimballer à chaque concert. Anna me donne alors un coup sur le bras et je lève les yeux. Je tombe alors nez à nez avec Gustav, qui joue avec ses baguettes, les faisant tourner entre ses doigts à la manière de bâtons de majorette, et, plus loin, affalé dans un vieux canapé bas, Georg, qui astique sa basse avec un chiffon.
-Hallo ! font-ils tous les deux dans un ensemble parfait une fois que Bill m'eut présentée, en allemand.
-Tu es française alors ? demande Gustav en anglais, en se redressant, saisissant ses baguettes dans une main. C'est chouette Paris, je trouve.
-Oui, je fais, un peu timide. Mais je ne suis pas de Paris...
-Ha ?
Georg lève la tête et Gustav me demande d'où je viens :
-De Haute-Savoie, je réponds en disant le nom de mon très cher département en français. C'est près de la Suisse...
-Ha ! fait Gustav avec un grand sourire. Les montagnes ! Vous avez de la neige ?
-Pas beaucoup, je dis, soudain plus détendue. Il n'a pas vraiment neigé cette année, les stations sont plutôt vertes...
Le batteur fronce les sourcils pour décoder ce que je viens de dire et je vois Georg sourire. Visiblement, il maîtrise mieux l'anglais que son ami. Je lui renvoie son sourire puis j'entends grogner et me tourne pour voir Tom, assit sur un haut tabouret de bar, le menton dans les mains. Je jette un coup d'½il à Bill qui préfère regarder ailleurs puis je dis à Anna :
-Ils se font la tête on dirait...
-Bah, ça va passer, me dit Anna en haussant les épaules. Hey Bill ! fait-elle soudain. Vous nous faites un petit concert privé ?
-Là, maintenant ? je dis, alarmée. Mais t'es pas bien...
-Les gars ? fait Bill en allemand.
-Ok ! s'exclame Gustav en bondissant de sa chaise.
Georg en fait autant et Tom sort de son mutisme pour saisir sa guitare. Anna m'entraîne alors vers le canapé qu'occupait Georg et nous nous y installons. Je pose mon manteau et regarde mes musiciens adorés s'installer. Soudain, la porte de la pièce s'ouvre et David Jost apparaît, en survêtement, l'air fatigué. Il se fige en nous voyant, Anna et moi, puis il se détourne et baragouine quelque chose à Bill. Anna me traduit simultanément :
-Bill, nous avons un ennui sur le prochain concert, la salle est en trop mauvais état pour supporter votre musique, il nous faut chercher un autre endroit pour jouer. Viens avec moi, tu amuseras ces petites oies une autre fois.
-Des oies ? je m'exclame choquée, en français, me redressant tel un ressort.
Je vois Anna froncer les sourcils. L'insulte ne lui a pas plut et elle se lève. Je l'imite et elle dit, en allemand :
-David Jost, je vous prierais de rester poli avec des invités. N'oubliez pas que je parle couramment allemand et que je le comprends.
David la regarde, les sourcils froncés, puis il se détourne et s'en va en grommelant :
-Ne fais pas attention à lui, dit alors Georg en anglais.
Je sursaute et regarde par-dessus mon épaule :
-Pourquoi ? je demande au bassiste qui s'était glissé derrière Anna et moi pendant que David parlait à Bill. Il est de mauvaise humeur, lui aussi ?
-Non, mais nous sommes lundi, dit Georg en haussant les épaules. Et puis il a une dent contre Anna, elle est plus forte que lui...
Je hausse les sourcils pour l'inciter à continuer mais Anna le coupe en me prenant par le bras :
-Viens, rentrons à l'hôtel, je n'ai plus envie de voir du monde aujourd'hui.
-Hé mais ? Anna ! je fais en français.
-Anna, gronde alors Georg en anglais. Laisse-la donc ici, elle n'a visiblement pas envie de retourner à l'hôtel pour le moment. Et puis tu sais bien que David ne t'aime pas beaucoup...
-Ouais, marmonne Anna, les joues rouges de colère. Tout ça parce que j'ai parié qu'il arriverait pas à siffler autant de vodka que moi... et que j'ai gagné.
Je pince les lèvres puis souris. Finalement, je suis bien contente d'avoir appris l'anglais avec Internet. La plaisanterie d'Anna me fait sourire puis elle soupire et dit :
-Tu veux rester ici ? Je suis plus trop d'humeur... pardon.
-Ce n'est pas grave, je dis en français. Rentre à l'hôtel, va, je ne suis pas perdue ici.
Je regarde Georg qui me fait un sourire, puis Anna me prend le bras et m'entraîne dans le couloir :
-Avant que je parte, fais gaffe, s'il te plait...
-A qui ? A Georg ?
-Ouais, fait Anna. C'est un tombeur, tout le monde le sait et apparemment, tu lui plais...
-Bah, je dis en haussant les épaules. Tu me connais mal, Anna, moi aussi je sais jouer...
Un sourire machiavélique étire alors mes lèvres, et Anna hausse les sourcils. Elle hoche ensuite la tête d'un air convaincu puis elle m'embrasse sur les deux joues et enfile son manteau en disant :
-Fait gaffe quand même. Gustav a une copine mais Bill et Tom sont célibataires...
Je lui fais une grimace puis elle me sourit et se détourne pour partir. Au dernier moment, elle transforme sa main en combiné de téléphone qu'elle approche de son oreille et je hoche la tête, comprenant par-là qu'il faut que je l'appelle quand j'aurais envie de rentrer.
Elle s'en va ensuite et, alors que je la regarde longer le couloir, une main se pose sur mon épaule et je sursaute. Je me retourne et tombe nez à nez avec Tom.
-Viens, me fait-il en allemand.
Je comprends cependant car c'est assez semblable à l'anglais, et je le suis dans une autre pièce, remplie de cartons et de portants lourds de vêtements.
-Je peux te parler ? me demande-t-il alors en anglais.
-Heu... ouais, je fais, un peu inquiète.
-Tu es une fan, je suppose, et tu as du gagner à un concours ou à je ne sais quoi pour être ici, non ? me demande-t-il.
-Oui mais...
-J'aimerais que tu n'ébruites pas la dispute que tu as entendue tout à l'heure.
-Aucun risque, je dis, un peu moins tendue. Je ne comprends pas l'allemand...
-Oui mais tu as vu qu'on se disputait, Bill et moi, et personne ne doit le savoir.
Je pince les lèvres puis, oubliant ma timidité, je demande :
-Pourquoi ça bardait ?
-Ça ne te regarde pas, répondit-il en se détournant.
-Tom...
Il me regarde du coin de l'½il puis hausse les épaules d'un air de dire « laisse tomber », avant de retourner dans l'autre pièce où se trouve le reste du groupe. Je le suis, un peu contrariée, puis je vois Gustav discuter avec Georg près de l'imposante batterie du blond. Je cherche Bill des yeux et le vois, assit près d'un ampli, jouant avec un micro.
Dans un soupir, je m'adosse au mur le plus proche et me laisse glisser jusqu'au sol en observant les trois garçons devant moi, Tom étant allé se terrer dans un coin le plus loin possible de son frère.
Durant le reste de l'après-midi ensuite, le groupe entreprend de jouer quelques notes, d'accorder leurs instruments, pour les musiciens, et de chauffer sa voix, pour Bill.
Il est quinze heures et je regarde, assise dans le canapé, fatiguée, le groupe chanter « Durch Den Monsun » en anglais. Elle est pas mal du tout même si ça fait un choc de l'entendre pour la première fois.
Le premier couplet passe super bien, le refrain aussi, mais au second couplet, la voix de Bill fait un crochet et il se tait brusquement. Je me redresse, inquiète, mais il secoue la tête et reprend la chanson au début. Il la termine brutalement et pose son micro pour boire un coup à une bouteille d'eau posée à ses pieds. Je sens alors une vive aura de colère me percuter et Tom lâche un profond soupir.
-C'est finit pour aujourd'hui, annonce soudain Bill.
Il a parlé en allemand mais je comprends en les voyant poser leurs instruments et s'éloigner. Georg et Gustav viennent prendre place de part et d'autre de moi et Bill s'effondre dans une sorte de chaise longue façon fauteuil de salon, en soupirant.
Je le regarde et il ouvre un ½il ourlé de noir. Il me fait un rictus puis il se redresse et Georg se racle la gorge :
-Bill, fait-il en anglais.
-Mhm ?
-Tu crois que c'est convenable que Marie vous voit, toi et ton frère, vous faire la tête comme ça ? demanda Gustav, les sourcils froncés. On nous avait prévenu qu'une française devait venir nous voir...
-Qu'es-ce que j'y peux ? grogne Bill, toujours en anglais, en s'adossant à son dossier, les bras sur le ventre.
Je pince les lèvres puis annonce :
-Je crois que je vais rentrer, je ne suis pas à ma place ici, j'aurais mieux fait de repartir avec Anna.
Je me lève alors mais Gustav me saisit par la poche arrière de mon jean et je m'effondre sur le canapé et le fusillant du regard :
-Reste donc, tu n'es pas la responsable de tout ça, dit-il.
-Non, je fais en secouant la tête. Je ne suis pas la bienvenue, je le vois bien...
Je sens Bill se crisper et son regard se pose sur moi mais moi je regarde Tom terré dans son coin, en train de manger des cacahuètes. Il furète dans le bol devant lui, semblant aligner, de son index, les petits fruits beiges, son autre main enfoncée dans sa mâchoire.
-Tom est en colère, je dis d'une voix faible en m'adossant au canapé.
-Ouais, fait Bill. Mais c'est ma faute, pas la tienne.
Je le regarde tristement puis soupire et dit :
-Tout à l'heure, quand Anna est partie, il m'a recommandé de rien dire de votre dispute. Je n'ai rien compris, vous parliez allemand, mais il m'a dit de ne rien dire. Pourquoi ?
Je braque mon regard noisette sur Bill et il détourne les yeux puis dit :
-Tom est sensible en ce moment... Et je lui ai fait une remarque sur le fait qu'il changeait trop souvent de fille.
-Ha... je fais, ne m'attendant pas du tout à cela. Je... Je ne voudrais pas paraître trop indiscrète mais sur Internet, on le qualifie comme un dragueur qui prend puis qui jette. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, je dis ensuite en levant les mains en signe d'innocence.
Mon geste semble détendre l'atmosphère mais Bill soupire et se redresse, les bras sur les genoux. Je remarque alors qu'il ne porte aucune bague et je hausse un sourcil. Il s'en rend compte et dit, avec un sourire :
-Trop de choix...
Je souris à nouveau puis pouffe derrière ma main droite et je lui montre la gauche ornée de trois bagues, une grosse avec une pierre violette à l'annulaire, et, au majeur, une petite en or avec une émeraude et une avec un serpent argenté.
-Moi aussi j'ai le choix, fais-je. Je les mets toutes comme ça, pas de problème.
-J'ai pas assez de doigts, souffle alors Bill.
Je me retiens de rire mais l'éclat de Gustav à ma droite, suivit de Georg, à ma gauche, me font pouffer et je fini par rire avec eux.
Du coin de l'½il, je vois Tom tourner la tête vers nous et mon rire se calme aussitôt. Les trois garçons se calment un peu après puis soudain David Jost, habillé d'un complet noir, fait soudain irruption dans la salle, nous faisant tous sursauter :
-Bill, viens avec moi ! dit-il sèchement en allemand.
-Aber... fait Bill, surpris.
David répète son ordre, et Bill me regarde, désolé. Il se lève et suit le manager sans rien dire. Je regarde alors Gustav et Georg qui sont tout aussi surpris :
-C'est bien rare quand il donne des ordres comme ça...
-Je ne parle pas allemand mais j'ai pas eu de mal à comprendre, je dis en croisant les bras. C'est de ma faute s'il est de mauvaise humeur ?
-Arrête avec ça, dit Gustav en soupirant. David est toujours de mauvaise humeur le lundi, ça a toujours été. Par contre, qu'il donne des ordres à Bill, ça c'est nouveau.
-Vous devez être des petits princes ici, non ? je demande.
-Pas tant que ça tu sais, dit Georg. La vie de star c'est cool, on peut se payer ce qu'on veut, mais ça a des inconvénients aussi.
-Ouais, comme les fans...
« Merci », je fais dans ma tête en pinçant les lèvres.
-Mais on dit pas ça pour toi, s'empresse alors de dire Georg. T'es une nana super sympa, si je t'assure ! Et Anna aussi, elle est trop cool. Elle est pour la presse depuis pas mal de temps je crois, mais son patron lui a demandé un jour de venir nous interviewer et depuis, on est super potes. Elle passe beaucoup de temps avec nous, même en dehors de Hamburg. Elle nous aime bien je crois.
Je souris puis Bill revient alors en grommelant et nous nous taisons. Il s'effondre dans son fauteuil et Gustav demande :
-All right, Bill
-Ouais, grogne Bill. C'est juste un concert qui est annulé...
-Non ? Où ?
-A Genève, dit Bill. On devait y jouer dans deux mois mais il y a eut un incendie et la salle a été entièrement détruite. Impossible donc de jouer ni même de reporter le concert. Annulé donc.
-Shit ! fait alors Georg.
-Je te le fais pas dire, je fais en soupirant. J'aurais pu y aller en plus... Genève, c'est à une heure de route de chez moi...
Tous trois me regardent puis un gros soupir nous secoue et je regarde ma montre. Il est dix-sept heures et, alors que j'ouvre la bouche pour parler, Bill me devance :
-Tu vas devoir partir ?
-Ouais, il commence à se faire tard...
-Tu veux rester...
-Georg ! gronde Gustav en me faisant sursauter. Laisse-la donc se remettre de ses émotions avant de l'inviter à passer la soirée avec nous.
Le c½ur battant, je souris quand même puis je me lève et les garçons m'imitent. J'enfile mon manteau, jette mon écharpe autour de mon cou et je regarde Bill qui a les yeux rivés sur son frère :
-Laisse, je dis alors qu'il s'apprête à l'appeler.
-Mais ?
Je secoue la tête puis lui fais un sourire et il se penche pour me faire la bise. Je m'exécute un peu gauchement, embrasse ensuite Gustav et Georg, puis je ferme mon manteau et noue mon écharpe en disant :
-Je dois appeler Anna maintenant, elle vient me chercher...
-Vous revenez demain ? demande alors Georg. Quoi ? fait-il ensuite à Gustav qui le fusille du regard.
J'étouffe un petit rire puis saisis mon portable et compose le numéro d'Anna qui décroche aussitôt. Cinq minutes plus tard elle entre en trombe dans la pièce, les joues rouges, et je m'étonne de la voir déjà :
-Tu as fait vite, tu as couru ?
-Non, j'étais au centre commercial, juste à côté, me répond-elle en français. Vous me l'avez pas traumatisée, hein ? dit-elle ensuite en anglais.
-Mais non ! fait Bill avec un de ses sourires à tomber. Elle est géniale, ajoute-t-il en me regardant.
Je vire au rouge brique puis tout le monde se met à rire et nous nous disons au revoir.
Sur le chemin du retour à l'hôtel, coincées l'une contre l'autre dans un bus bondé, Anna me demande :
-Alors ? Ils sont sympas, hein ?
-Carrément ! Ya juste Tom qui a fait du boudin tout l'aprem mais bon...
-Bah, demain ça sera passé, j'en suis certaine, dit Anna avec un haussement d'épaules.
Je hausse brièvement les sourcils puis nous descendons du bus qui nous pose juste devant notre hôtel. Demain sera un autre jour comme on dit, n'est-ce pas ?